Camp de concentration de Natzweiler-Struthof

Entrée du camp J’ai grandi en Alsace, donc sans dire que nous sommes des spécialistes du devoir de mémoire et accoutumés à tout ce qui tourne autour de la Seconde Guerre mondiale, cette guerre a marqué les deux départements rhénans et la Moselle. Les lieux de mémoire relatifs aux deux conflits mondiaux ne manquent pas, comme vous avez déjà pu le découvrir ici. Comme vous le savez peut-être, l’Alsace-Lorraine (par Lorraine entendez le département de la Moselle) a été allemande entre 1870 et 1918, puis entre 1940 et 1944.

Bien que la première période suscite encore des débats pour savoir si c’était sympa ou pas de ne pas être français à ce moment-là et surtout d’être allemand, on peut dire que la vie était relativement paisible, surtout à la vue de la période allemande suivante. Ce coup-ci on oublie le Kaiser, ses jolies moustaches et les casques à pointes, bonjour les panzers, les nazis, la SS et toutes les horreurs qui vont avec.

L’Alsace et la Moselle sont mises au pas et la dictature nazie prend ses aises dans les campagnes, comme dans les villes. Les jeunes hommes sont envoyés au front (russe généralement) et les jeunes filles vont parfois servir de génitrices pour créer une race aryenne pure. Des restes de victimes juives sur lesquelles ont été menées des « expériences » afin d’étudier cette « race » ont encore été récemment découvert à l’Université de Strasbourg.

Les occupants nazis ont aussi construit un camp de concentration dans le massif vosgien. Il se situe à proximité de la commune de Natzwiller, dans le Bas-Rhin. Ce camp est l’un des plus occidentaux de la nébuleuse de la mort nazie, avec ceux des Pays-Bas et du Palatinat. Ouvert le 1er mai 1941, il s’agit du seul camp de concentration Konzentrationslager (KL) sur le sol français. Je ne compte pas vous décrire toutes les photos dans le détail, je vais simplement annoter des légendes simples pour expliquer.

Barbelés
Le camp se trouve à proximité de la vallée de la Bruche au sud-ouest de Strasbourg
Mirador
L’un des miradors
Entrée du camp
L’entrée du camp
Bloc des prisonniers
L’une des cellules du bloc cellulaire. Plusieurs prisonniers pouvaient y être enfermés. Il n’est pas possible de se tenir debout.
Bloc crématoire
Le bloc crématoire
Vue générale
La plupart des baraquements ont été détruit pour insalubrité, ils menaçaient de s’effondrer. Ils étaient disposés sur des terrasses. Tout le camp est en pente.
Brouette
Tout est fait pour fatiguer les prisonniers, les outils et équipements sont faits pour être difficiles à manipuler. Les marches des escaliers sont en pierre mal taillée et sont donc inégales. Parfois les prisonniers devaient les gravir ou les descendre en vitesse.
La Potence
La potence

Barbelés

Chambre à gaz
La chambre à gaz

Le Struthof est l’un des camps où l’espérance de vie est la plus faible. Il est situé en altitude dans la massif vosgien, les hivers sont très rigoureux, ceux des années 1940 l’ont été tout particulièrement. Mais il ne s’agit pas d’un camp d’extermination, la chambre à gaz n’était utilisée systématiquement. Elle a été mise en place dans le cadre des expérimentations médicales des professeurs nazis de l’Université du Reich de Strasbourg.

Je tiens à rendre hommage à Simone Veil. Elle symbolise la vie qui continue et le combat après l’horreur. Elle symbolise la liberté, l’espoir. Elle demeure à jamais dans nos pensées.

Visiter un camp de concentration n’est pas la première chose qui vient à l’esprit lorsqu’on imagine une sortie. Je pense que cela reste intéressant et nécessaire. Bien sûr ce n’est pas un moment où on se sent à l’aise. Mais je pense qu’il faut aller sur place, se rendre compte avoir une pensée pour eux et surtout tout faire pour que cela ne se reproduise plus. Les grosses tempêtes commencent avec des petits orages.

Renseignements

  • Centre européen du résistant déporté – Site de l’ancien camp de Natzweiler
    Route départementale 130 – 67130 Natzwiller – Tél : + 33 (0)3 88 47 44 67
    Accès : A35 direction Colmar depuis Strasbourg et direction Strasbourg et Molsheim depuis Colmar et Mulhouse, puis suivre la direction de Schirmeck.
  • Site internet du camp du Struthof

 

 

 

 

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3 thoughts on “Camp de concentration de Natzweiler-Struthof

  1. C’est bien d’entretenir le devoir de mémoire car il ne faut pas oublier les horreurs de cette guerre en espérant que nous ne reverrons pas cela un jour.

  2. Intéressant et nécessaire, c’est exactement ça. C’est fou ce que ton article me rappelle ma visite d’Auschwitz, particulièrement marquante aussi… Visiter ces camps est une expérience affreuse mais en même temps enrichissante à sa manière, les livres d’histoire et documentaires ne suffisent pas à réaliser ce dont notre propre race est capable. Un devoir de mémoire que les quelques survivants tiennent à faire perdurer.

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