Ostalgie : Histoire de la RDA – Films, livres et série

berlin-1467502_1920Ostalgie… Qu’est-ce que c’est cela ? Si vous avez fait de l’Allemand durant votre cursus, vous savez très probablement ce que c’est. Il s’agit d’une forme de « nostalgie » de l’Allemagne de l’Est, aussi connue sous le nom fort sympathique de « République Démocratique Allemande ». Le terme joue sur le mot « ost » qui signifie « est » en allemand.800px-coat_of_arms_of_east_germany-svgCe courant s’est développé à la fin des années 1990 et pendant les 2000. Il ne s’agit pas de dire que la RDA c’était super sympa : finir dans une prison parce qu’on avait critiqué les hauts dignitaires du régime, ou que l’on se plaignait de trouver certains produits que quelques fois dans le mois, on a connu mieux. La RDA était tout simplement une dictature. Je vais consacrer cet article à l’Ostalgie, car c’est quelque chose qui me passionne depuis plusieurs années et qui a resurgi il y a quelques semaines.HPIM4353

Goodbye Lenin !

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Un film a démocratisé l’Ostalgie : Goodbye Lenin ! Si vous ne le connaissez pas, je vous invite à le regarder. Il s’agit d’une mère de famille qui a élevé seule ses deux enfants à Berlin-Est, suite au départ de son mari pour l’Allemagne de l’Ouest. Un jour elle fait un malaise et tombe dans le coma. Coup du sort, les deux Allemagne(s) se réunifient pendant son coma. Son fils, interprété par Daniel Brühl estime qu’il ne faut pas révéler la fin de la RDA à sa mère, qui avait trouvé son équilibre en adoptant les valeurs de cette république « démocratique ». Il va donc tout faire pour maintenir la RDA en vie pour sa mère à travers des objets, aliments et faits du quotidien. Mais la tâche s’avère difficile dans une ville et un pays en pleine mutation…

Inutile de vous dire que j’ai adoré ce film, les interprètes sont excellents, l’histoire à la fois drôle et triste tient en haleine pendant les derniers balbutiements de l’Allemagne de l’Est. Enfin la bande originale a été réalisée par Yann Tiersen, difficile de rester de marbre… J’ai aussi aimé ce film car il ne se contente pas de dresser un portrait affreux de l’Allemagne de l’Est. Les voisins occidentaux en prennent aussi pour leur grade, difficile de trouver ses repères pour des jeunes habitués à un mode de vie différent et une société complètement anti-capitaliste. C’est notamment dans cette mesure que l’on peut considérer ce film « ostalgique ».

La Vie des Autres

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L’autre grand film qui plonge le spectateur en RDA est La Vie des Autres, Das Leben der Anderen. Ce film est beaucoup plus sombre, nous sommes témoins de la mise sous surveillance d’un dramaturge est-allemand par la Stasi, police politique secrète de la RDA. Bras armé de l’État est-allemand contre « l’impérialisme fasciste » occidental. Il s’agit tout simplement d’un de mes films favoris. On découvre les méthodes et les techniques de la terrible Stasi : mises sur écoute, interrogatoires, pressions psychologiques, intrigues, corruption… Ce film est fascinant. Le casting est superbe, Ulrich Mühe, Martina Gedeck, Ulrich Tukur, Sebastian Koch…

Stasi Child

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C’est ce livre, offert par ma Chère et Tendre il y a un peu plus d’un mois qui m’a replongé dans mon ostalgie. Il s’agit d’un polar : le corps d’une jeune fille est retrouvé au pied du mur de Berlin, mais la victime semblait se diriger vers l’Est, alors qu’en principe, les gens fuient vers l’ouest. L’affaire est confiée à une jeune enquêtrice est-berlinoise, Karin Muller, qui va devoir composer avec la Stasi, qui se mêle de l’affaire. Cette enquête va remettre en question tout ce en quoi elle croit. La plume habile de David Young permet de s’imaginer facilement la vie en RDA pendant les années 1970. J’ai adoré ce livre, j’ai vu que l’auteur avait publié une deuxième enquête de Karin Muller, je me le procurerai dès qu’il sera publié en français.HPIM4022Comme vous l’aurez compris, je suis fasciné par la RDA. Je n’approuve absolument pas cette forme de régime totalitaire, où les droits de l’homme sont bafoués, où les libertés individuelles ne sont qu’une fable et où les individus sont épiés et soumis à pression très forte. A vrai dire que je suis surtout curieux, comment une telle société a-t-elle pu exister ? Comment les gens pouvaient-ils vivre dans ce pays ? Quelles étaient leurs inspirations ? Quel était leur rapport aux autres cultures, d’un côté comme de l’autre du Rideau de fer ? Mes lectures et visionnages permettent en partie d’assouvir ma curiosité. Idéalement, il faut se rendre en Allemagne pour en découvrir plus, c’est ce que nous allons très certainement faire cet été, grâce à un road-trip qui va nous mener jusqu’à Berlin.HPIM4318

Le mur de Berlin, The Americans…

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Cet intérêt s’étend à toute la guerre froide, avec une préférence pour la fin de cette période, à savoir les années 1980. Abonné à Netflix, je suis à l’affût de films et séries sur ce support. J’ai trouvé deux choses fort intéressantes parmi d’autres : un documentaire en deux épisodes sur le Mur de Berlin et la série The Americans.

Pour le documentaire, outre l’histoire de la construction du mur, nous retrouvons également de nombreux témoignages d’anonymes qui ont tenter de passer à l’Ouest. Le documentaire est bien fait, il y a des reconstitutions qui tiennent en haleine. Je vous le recommande.

Quant à la série The Americans, vous en avez peut-être entendu parler. Nous suivons le quotidien de deux espions du KGB (services secrets soviétiques) infiltrés à Washington pour espionner l’oncle Reagan. Enlèvements, meurtres, mises sur écoute, déguisements… Difficile de jongler avec une vie de couple, de famille et une carrière d’espion. Je trouve la série bien réalisée, l’intrigue est bien menée et les acteurs sont vraiment convaincants. Le réalisateur est un ancien de la CIA, ce qui permet de crédibiliser les aventures des Jennings.

Enfin, revenons à Berlin, avec la BD Berlialbum-cover-large-24785n, la ville divisée. Nous découvrons cinq témoignages, cinq histoires sur les Berlinois divisés entre deux blocs. Nous vivons les événements clefs du mur de Berlin à travers les bulles et les illustrations : construction, évasions, chute du mur, de 1961 à 1989. Des explications historiques complètent chaque témoignage, afin de saisir le contexte historique des faits exposés. Une bande-dessinée très intéressante, de belles illustrations et un bonus génial : des indications de lieux à visiter aujourd’hui pour développer. J’ai déjà repéré plusieurs endroits où je souhaite me rendre.

J’espère que cet article vous aura plu. J’ai pris beaucoup de plaisir à exprimer ma passion pour cette histoire. Retrouvez d’autres œuvres sur la RDA ci-dessous.

Bis bald !

D’autres œuvres sur la RDA

Livres

  • Stasi Child, David Young
  • Stasiland, Anna Funder
  • La Tour, Uwe Tellkamp
  • Kruso, Lutz Seiler

Films

  • Goodbye Lenin !
  • La Vie des Autres
  • Le Tunnel
  • Barbara
  • Sonnenallee
  • De l’autre côté du Mur
  • L’affaire Rachel Singer
  • D’une Vie à l’Autre
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11 thoughts on “Ostalgie : Histoire de la RDA – Films, livres et série

  1. Wow merci pour cette liste de films et de livres !!! J’ai adoré Goodbye Lenin et La Vie des Autres (j’adore un peu trop Daniel Brühl et Ulrich Mühe hahah) tout comme j’ai aimé le musée de DDR à Berlin dans lequel on peut visiter la reconstitution d’un appart de l’ex Allemagne de l’Est (et les discussions avec mon coloc polonais qui nous disait que chez lui, c’était toujours comme ça :D) Je suis fascinée aussi par cette période, mais je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi. Tout comme toi, je me demande comment ils ont pu vivre dans un tel pays, subir la séparation des familles et cette privation de libertés… J’ai été fille au paire à Dresde il y a quelques années maintenant (ça doit fait 10 ans…je veux pas calculer), et la mère de famille me racontait que quand elle était adolescente, elle avait fait la liste des pays en Europe de l’Ouest qu’elle aurait aimé visiter (Paris et la France en tête). Elle me racontait avec fierté qu’elle avait visité tous les pays de sa liste une fois le mur tombé…elle n’a jamais perdu espoir qu’un jour ils retrouveraient leurs libertés, et j’ai trouvé ça tellement inspirant. Merci pour ton article ! J’ai hâte de suivre votre road trip jusqu’à Berlin 😉

    1. Merci à toi pour ta visite et ton commentaire ! Je comprends pour Daniel Brühl et Ulrich Mühe, j’adore ces acteurs, d’ailleurs le premier me fait penser à The Edukators (l’as-tu vu ?). Oui j’avais fait le musée lors de mon séjour berlinois. La photo de la voiture plus haut a été prise là-bas, j’ai adoré ce musée. Je crois que ceux qui sont fascinés par cette période ont tous a peu près les mêmes raisons 🙂 C’est super d’avoir eu le témoignage de la mère de la famille où tu étais, je pense qu’il n’y a rien de mieux que l’expérience et le vécu. Le road trip est en cours de préparation. Je pense que je publierai un article de présentation avant d’y aller 🙂 Merci encore pour ta visite et ton gentil mot.

  2. Un peu plus vieille que toi, j’ai connu l’avant et l’après chute du mur… (y compris en cours d’allemand.. où le sujet phare de mes années lycée a été Reunification 🙂 ). A la question « comment ont-ils pu vivre dans ce pays », je crois que c’est finalement, parce qu’ils n’avaient pas vraiment le choix : les totalitarismes ont ce pouvoir de façonner les masses à grande échelle 😦 et surtout de réprimer la moindre velléité de contestation ou d’émancipation (cf les chars à Prague en 1968). Tous n’ont pas pu partir (pour des tas de raisons : personnelles, financières, logistiques..) mais ça ne signifie pas que ceux qui ne sont pas partis acceptaient.. L’effondrement du bloc de l’Est a été une vraie secousse géopolitique, entre espoir d’un monde meilleur et réalité économique, entre euphorie de tout le potentiel qui s’ouvrait et coup de massue de la confrontation à l’économie de marché…
    Il était d’ailleurs intéressant à l’époque de voir comment le sujet était traité par la presse dans les différents pays concernés directement ou pas…

    1. Je peux tout de même me dire que je l’ai connu un peu plus d’un an, bien qu’à l’époque j’étais plus occupé par mes biberons. Oui j’ai déjà lu certaines coupures presses de l’époque c’est intéressant le fossé entre la réalité imaginée au début des années 1990 et celle d’aujourd’hui.

  3. Bravo pour ce très bel article. On ressent toute ta passion pour cette période que je trouve aussi passionnante et intrigante.
    J’avais beaucoup aimé Goodbye Lenin !
    Stasi child est tentant. Je le note sur ma liste d’envie. Merci pour cette découverte.

    1. Merci pour ta visite et ton commentaire ! J’espère que tu as l’occasion de le lire et si tel est le cas que tu vas autant l’apprécier que moi.

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