Strasbourg n’est pas que la capitale de Noël

Strasbourg… Depuis deux semaines et encore pour deux semaines, c’est la capitale de Noël. Les TGV et les cars arrivent par milliers, comme les joujoux, sauf qu’ils sont remplis de touristes pour vivre la magie de Noël à Strasbourg. Je n’ai rien contre cette période, au contraire, mais j’ai envie de vous faire découvrir Strasbourg avec le soleil, quand il fait beau et sans les marchés de Noël.Place KléberJ’avais déjà rédigé un article sur la capitale alsacienne il y a plusieurs mois, je vous avais présenté une série de clichés pris avec mon réflex argentique. Les photos que vous allez découvrir ici on été prises en numérique.

Le centre historique de Strasbourg se trouve sur une île artificiel formée par l’Ill, rivière qui prend sa source dans le Jura alsacien et qui se jette au nord de Strasbourg et l’un de ses canaux, le Fossé du Faut Rempart. Mais souvent lorsqu’on arrive dans une ville, on découvre en premier sa gare, voici celle de Strasbourg. La verrière a été construite lors des aménagements effectués pour la mise en service de la liaison ferroviaire à grande vitesse Est-Européenne, reliant Strasbourg à Paris, Stuttgart et Munich en TGV.
Sous la verrière de la gare centrale de Strasbourg

Gare centrale de Strasbourg
On retrouve le Fossé du Faux Rempart en se dirigeant de la gare au centre, on aperçoit le pont du Marché et le dôme de l’église catholique Saint-Pierre-le-Jeune, je précise catholique car à quelques dizaines de mètres de là se trouve l’église protestante de Saint-Pierre-le-Jeune.
Le pont du MarchéLe tramway de Strasbourg est assez célèbre. Je vais en parler pendant un petit moment alors si cela ne vous intéresse pas, je vous conseille de sauter et de passer à la suite. Comme Paris, Lyon et Marseille, Strasbourg avait un réseau de tramways avant de le supprimer lors du boom des Trente glorieuses et de le réintégrer à partir des années 1980. A cette époque, Strasbourg n’a plus le choix, l’agglomération s’étant largement étendue, les transports doivent s’adapter au besoin du public. Pour résumer c’est métro ou tram. La gauche veut le tramway et la droite veut le métro, je simplifie grandement les choses, mais c’est à peu près ça. C’est le premier qui finit par l’emporter, mais les commerçants du centre de l’époque n’en voulait pas du tout. Il était en effet prévu de mettre en place une zone piétonne pour faciliter l’accès au tram et rendre les rues aux piétons. Pour les commerçants, les voitures dans le centre rimaient avec clientèle. C’est un peu comme à Los Angeles aujourd’hui: le royaume des quatre roues. On fait tout avec, il faut donc des places de stationnement en centre-ville, des voies faciles d’accès et surtout pas de tram. Avec le temps tramway a séduit tout le monde. Commerçants, riverains et visiteurs sont ravis de ce moyen de transport et veulent l’accueillir dans tous les quartiers de l’agglomération. Il y a aujourd’hui six lignes sur le réseau de la Compagnie des Transports Strasbourgeois, ce qui en fait le plus développé de France. Il va bientôt passer la frontière pour desservir la voisine allemande de Strasbourg: Kehl. Voici le point central du réseau, la place de l’Homme de Fer.Place de l'Homme de ferLe nom Homme de Fer peut surprendre, il vient du soldat en armure qui orne une façade de la place. Elle a été fabriquée au XVIIIe siècle. Il s’agit là d’une réplique, l’original se trouve au musée historique de Strasbourg.
L'Homme de ferUn peu plus loin se trouve la place Kléber, l’une des plus célèbre de la ville. On aperçoit les flèche de la cathédrale Notre-Dame et celle de l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune, que j’ai évoquée plus haut.
Place Kléber
Et à deux pas de là, le temple du luxe français.
Galeries Lafayette
Sur la place Gutenberg on peut faire une rencontre surprenante, une véritable boîte aux lettres de la poste britannique. Elle est utilisée par la poste française. Après quelques recherches, je n’ai pas pu trouver d’explication, mais j’ai une théorie. Les sièges des institutions européennes n’étaient pas encore déterminés peu de temps après les signatures des traités dans les années 1950. Winston Churchill a soutenu la capitale alsacienne pour abriter le Conseil de l’Europe. Cette boîte aux lettres est donc peut-être un cadeau de Mr Churchill à la ville ou alors un hommage de la ville à l’homme au cigare.
Boîte aux lettres britannique à StrasbourgOn poursuit notre visite vers la cathédrale, on passé ici devant la Maison Kammerzell. Il s’agit de l’une des plus belles maisons de Strasbourg, sa construction est comprise entre 1427 et 1589. En arrière-plan on voit la cathédrale.
Maison Kammerzell et la cathédrale Notre-Dame
La cathédrale Notre-Dame a été construite entre 1176 et 1439. La flèche culmine à 142,11 mètres. L’édifice a été le plus haut au monde de 1647 à 1874. On la voit de loin, que ce soit en France ou en Allemagne. Elle est en grès rose des Vosges, cette pierre a tendance à noircir avec le temps, ce qui explique la couleur sombre de certaines partie. La pollution, problème persistant dans la vallée du Rhin, y est aussi pour quelque chose. C’est l’une de mes cathédrales préférées. Il y a très souvent du vent lorsqu’on se trouve sur le parvis, alors qu’il n’y en a pas dans les rues environnantes. Une légende raconte qu’il s’agit du vent que le Diable monte (il y en a qui préfèrent le tramway pour se déplacer, lui c’est le vent). Lucifer serait rentré dans la cathédrale car il a vu une statue le représentant sur la façade et il voulait voir si l’édifice renferme d’autres ornements le représentant. Mais ce nigaud est emprisonné depuis dans la cathédrale, Dieu n’allait quand même pas le laisser sortir si facilement… Le vent attend donc son maître dehors en tournant sur la place de la cathédrale.
Place de la cathédrale
Notre-Dame de Strasbourg est la deuxième cathédrale la plus visitée de France, derrière son homonyme et homologue parisienne.
Cathédrale Notre-Dame de StrasbourgL’intérieur est magnifique, je vous conseille d’aller y faire un tour. J’ai choisi un petit bokeh pris sur des lumignons pour vous faire rêver.
Lumignon dans la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Je vous déconseille fortement les restaurants qui proposent des tartes flambées et des pizzas, situés à proximité immédiate de la cathédrale. Il n’est pas concevable qu’un restaurant fasse vraiment bien les deux en même temps, une pizza faite avec une pâte a tarte flambée n’est pas une pizza, mais un attrape-touriste. Il est possible de monter sur la plate-forme de la cathédrale pour profiter d’une vue panoramique sur la ville, pour 5€ ou gratuitement les premiers dimanche de chaque mois et lors des Journée européennes du patrimoine. Il faut gravir les 332 marches, mais ça vaut franchement le coup. Par contre il faut tout de même une bonne condition physique. Vous apercevez le Parlement Européen (le bâtiment en arrière-plan), la Bibliothèque Nationale Universitaire, deuxième plus grande de France après la BNF de Paris (coupole verte) et le palais du Rhin qui lui fait face (à gauche).
Strasbourg vue depuis la plate-forme cathédrale Notre-Dame
Le sud-ouest du centre-ville et la ligne bleue des Vosges au loin.
Strasbourg vue depuis la plate-forme cathédrale Notre-Dame
Détail de la flèche de la cathédrale où sont inscrits les noms des tailleurs de pierres et autres artisans ayant contribué à la construction de l’édifice.
Détail de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg vue depuis la plate-formePlus loin, en sortant du centre, on passe sur le pont Saint-Etienne. De ce côté on peut voir le quai des Pêcheurs, qui fait partie du quartier de la Krutenau, très prisé par les étudiant (entre le campus et le centre) et l’un des rares quartiers résidentiels de la ville a avoir gardé un minimum de cachet. Je vous conseille fortement d’aller y faire un tour si vous en avez l’occasion (Stations trams C, E, F – Gallia, Université, trams A, D – Porte de l’Hôpital et Etoile Bourse).
Le quai des Pêcheurs et l'Ill depuis le pont des Pontonniers
De l’autre côté on aperçoit trois vélos attachés à la barrière. Ne vous étonnez pas d’entendre souvent jouer du timbre, Strasbourg est la première ville cycliste de France (et oui devant Paris cette fois). C’est un véritable mode de vie, il y en a partout et attention les cyclistes strasbourgeois tolèrent rarement que l’on marche sur les pistes cyclables ! Il y a 560 km de voies réservées à la petite reine. Il est même prévu d’aménager des « autoroute cyclables » reliant la périphérie de la ville au centre. D’autre part Strasbourg n’a succombé que très tardivement au phénomène de vélo en libre-service. Il faut dire que l’utilité est franchement discutable pour la capitale alsacienne, vu le nombre de vélos qui circulaient déjà dans la ville. Mais c’est peut-être plus pratique pour les visiteurs que le service de vélocation.
Vélos adossés à la barrière du pont Saint-Etienne
Juste à côté des vélos, on peut admirer le lycée international des Pontonniers. Personnellement, il m’a toujours fait penser à Poudlard.
Lycée international des Pontonniers
Puis on se trouve avenue de la Marseillaise. Rouget de Lisle, compositeur de l’hymne français a initialement écrit ce chant pour l’armée du Rhin en 1792. C’est finalement l’armée républicaine partant de Marseille qui l’adopta et vous imaginez la suite. En tous les cas il a été composé et chanté pour la première fois à Strasbourg. Le joli bâtiment est l’hôtel des postes.
Hôtel des postesPlus loin se trouve le Palais universitaire, qui abrite les facultés d’histoire, histoire de l’art, d’archéologie et de théologie.
Le palais Universitaire
Etant inscrit en faculté d’histoire, j’avais la chance d’avoir cours dans ce magnifique bâtiment.
Aula du palais Universitaire
C’est dans le quartier de Neudorf que se joue l’avenir de la capitale européenne. Situé au sud du centre, il accueille depuis six ans un centre commercial, un multiplex et la gigantesque et géniale médiathèque André Malraux, c’est le grand bâtiment à droite. Dans quelques années, on y trouvera également des immeubles de bureaux, d’habitations et une nouvelle cité universitaire.
La presqu'île André Malraux et la cathédrale Notre-Dame
On reprend le chemin du centre en passant sur le pont du Corbeau, duquel on peut voir le pont et l’église Saint-Nicolas.
Pont et église Saint-Nicolas
La place des Tripiers est très sympathique et bien connue des Strasbourgeois pour les bars et bons restaurants (voir les renseignements) qui s’y trouvent ainsi que dans les rues adjacentes.
Place des TonneliersJe vous propose de faire une tour du côté de la petite France pour achever votre visite.
On peut s’arrêter à l’église Saint-Thomas. Elle est considérée comme la cathédrale protestante de Strasbourg. L’intérieur sobre mais beau, je vous conseille d’y entrer. En plus l’un des plus célèbre militaire au service de la France y a son mausolée: Maurice de Saxe. Voici la nef et le choeur de l’église.
Nef et choeur de l'église Saint-Thomas (temple Saint-Thomas pour les non-Alsaciens)
Nous continuons notre chemin et ça commence à sentir la bière et la choucroute, rue des Dentelles, pas de doute on se dirige vers la Petite-France et ses hordes de touristes !
Rue des Dentelles, Petite-FranceVoilà, on y est, place Benjamin Zix, au coeur de la Petite-France. Bon il n’y a pas que des touristes non plus.
Place Benjamin Zix, Petite-France
Mais quand même… La belle demeure à gauche est la maison des Tanneurs.
La Maison des Tanneurs depuis la place Benjamin Zix, Petite-France
La place Benjamin Zix offre un excellent point de vue sur le pont du Faisan, qui a la particularité d’être tournant, pour laisser passer bateaux et embarcations.
Pont du Faisan, Petite-France
On se rapproche de la gare pour quitter Strasbourg, immeubles quai de Paris.
Quai de Paris
Une dernière photo avant de prendre le train avec une flopée de vélos attachés place de la gare, je ne vous ai pas menti sur le nombre. Ça me rappelle les vespas florentines.
Vélos sur la place de la GareJ’ai choisi de vous présenter Strasbourg, où j’ai passé quatre merveilleuses années avant de rejoindre ma Chère et tendre en Rhône-Alpes, car c’est une de mes villes préférées et je voulais marquer le coup pour le premier anniversaire du blog Rotdenken, qui a vu le jour le 18 décembre 2012 avec les lumières d’automne dans le Bugey. J’espère que ça vous a plu et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Renseignements:

  • Où manger ? Alsacien : Winstubs’Kaechele – 8, rue de l’Argile 67000 Strasbourg  – 03 88 22 62 36 / Italien : La Piazza – 3, place des tripiers 67000 Strasbourg – 03 88 22 22 20
  • Où boire un verre ? Jeannette et les Cycleux, un peu jazzy, pas mal de vins et très branché deux roues. Des vins aux milk-shakes en passant par la bière. 30 rue des Tonneliers 67000 Strasbourg – 03 88 23 02 71
  • Où manger sur le pouce ? Bagelstein, vous connaissez peut-être, il y en aussi à Paris, Lyon et Grenoble. Les bagels sont juste un délice et ils font aussi de chouettes patisseries américaines – Krutenau : 18, Rue des Orphelins – Cathédrale : 5, Rue Saint-Etienne – Kléber : 15, Rue des Francs-Bourgeois. Sinon allez-y rien que pour la déco, les photos et les pancartes. Leur site internet bagelstein.com
  • Section vélo du site de la Ville de Strasbourg. Très intéressant si vous envisagez de découvrir la ville sur deux roues.
  • Site officiel de la cathédrale de Strasbourg
  • Site internet de la Compagnie des Transports Strasbourgeois
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54 commentaires sur “Strasbourg n’est pas que la capitale de Noël

  1. The Brit’ Post Collect is certainly a gift from Leicester twinned with Strasbourg (Jumelage).

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